La commune de Casablanca passe à l’action. Un nouvel arrêté municipal contraint les propriétaires d’immeubles situés le long des grandes artères à entretenir, nettoyer et ravaler périodiquement leurs façades. Le texte, actuellement en examen à la commission des services publics, devrait arriver devant le Conseil de la ville lors d’une session extraordinaire pour adoption définitive.

Un problème ancien, une réponse ferme
La dégradation des façades casablancaises ne date pas d’hier. Un arrêté municipal de 1952 imposait déjà aux propriétaires un ravalement tous les six ans. Pourtant, des décennies de laxisme et l’absence de sanctions réelles ont vidé ce texte de toute portée. Les campagnes de sensibilisation menées par la ville ces dernières années n’ont produit que des résultats marginaux, faute de mécanismes coercitifs.
Le constat sur le terrain reste alarmant : des quartiers entiers affichent des façades grises, lézardées, couvertes d’humidité. Dans les zones à forte densité, l’ancienneté des bâtiments et l’absence de maintenance ont durablement altéré l’image urbaine de la métropole économique du Royaume.
Des notifications officielles et des sanctions en cas de non-respect
Le nouvel arrêté change la donne. La commune compte activer les mécanismes de la police administrative pour encadrer l’organisation de l’espace public. Des notifications officielles partiront vers les propriétaires concernés, les sommant d’effectuer les travaux nécessaires dans des délais précis. Tout refus ou inaction expose le contrevenant à des sanctions financières.
Le coût d’un ravalement complet à Casablanca oscille entre 180 et 220 dirhams par mètre carré, avec une concentration d’entreprises spécialisées qui maintient une concurrence favorable aux donneurs d’ordre. Pour un immeuble de taille standard, la facture peut dépasser 65 000 dirhams — un montant que de nombreux propriétaires jugent dissuasif, en l’absence d’un dispositif d’aide municipal.
Un enjeu qui dépasse l’esthétique
La réforme s’inscrit dans une vision plus large de la métropole à l’horizon du Mondial 2030. Casablanca, vitrine économique et porte d’entrée du Maroc, soigne son image à l’international. Des façades rénovées contribuent à valoriser le patrimoine bâti, à renforcer l’attractivité des quartiers commerçants et à améliorer le cadre de vie des habitants. L’initiative, si elle s’accompagne d’une volonté politique réelle d’application, pourrait transformer durablement le visage de la ville blanche.







