|
C’est le choc de deux mondes. D’un côté, la douleur d’un peuple qui se sent dépossédé d’un titre gagné sur le terrain. De l’autre, la froideur d’un règlement qui ne tient pas compte des émotions. La CAN 2025 est devenue le théâtre de cette tension universelle entre le sentiment sportif et la règle de droit. Iturralde González tranche : le sport obéit à ses règles. Toujours. |
L’émotion sénégalaise face au droit sportifAu Sénégal, la décision de la CAF est vécue comme une injustice profonde. Les joueurs portent le trophée sur Instagram. Le gouvernement réclame une enquête internationale pour corruption. Des milliers de supporters se rassemblent à Dakar pour soutenir les Lions. La douleur est réelle. Elle est compréhensible. Mais le droit sportif ne fonctionne pas à l’émotion. Il fonctionne aux textes. Et les textes, en l’espèce, sont clairs. L’article 82 du règlement de la CAN prévoit le forfait pour toute équipe quittant le terrain sans autorisation de l’arbitre. Le Jury d’Appel de la CAF a appliqué ce texte. Ce n’est pas une question de politique. C’est une question de règlement. |
Iturralde González : le sport obéit à un principeC’est précisément ce que rappelle Iturralde González depuis Madrid. Le sport obéit à un principe fondamental : les règles du jeu sont faites pour être respectées. Ce principe vaut pour un match de quartier comme pour une finale de CAN. Il va plus loin. Il affirme que la participation à une compétition sportive implique nécessairement l’adhésion totale aux règles qui la régissent. En se qualifiant pour la CAN 2025, le Sénégal a accepté le règlement. En jouant la finale, il a accepté les conséquences de tout comportement contraire à ce règlement. Le contrat est clair depuis le début. |
Le précédent qui gêne la position sénégalaiseUn incident survenu quelques semaines après la finale en Turquie illustre parfaitement le propos d’Iturralde González. Le club de Kocaelispor a quitté le terrain à la 94e minute pour protester contre un penalty. Le même geste, sur un autre continent. Le même problème. Si la CAF avait laissé passer l’incident sénégalais sans sanction, elle aurait envoyé un signal dangereux à tout le football africain : quitter le terrain pour protester ne coûte rien. La décision du 17 mars dit le contraire. Elle dit que ce comportement a un prix. Et que ce prix est fixé par le règlement, pas par la politique. |







