Hormis deux marchés particulièrement matures en Afrique australe, les taux de pénétration de l’assurance demeurent particulièrement modestes sur l’ensemble du continent africain. Selon le rapport annuel 2026 de l’Organisation des assurances africaines publié ce mardi 20 octobre 2026, cette situation s’explique par la prédominance de l’économie informelle, le faible niveau des revenus des ménages et le maintien de blocages socioculturels.
L’Afrique du Sud et la Namibie sont les deux seuls pays africains à dépasser la moyenne mondiale, affichant des taux de pénétration respectifs de 11,5 % et 7,4 %. Le Maroc complète le podium continental avec un ratio de 3,9 %, devançant le Kenya, la Tunisie, le Sénégal, le Mozambique, la Côte d’Ivoire, le Burkina Faso et le Cameroun au sein du top 10 africain.
Domination de l’assurance-vie
La très forte concentration du marché de l’assurance-vie constitue la principale caractéristique du paysage financier africain. L’Afrique du Sud domine largement ce segment avec 43,78 milliards de dollars de primes brutes, soit plus des trois quarts du volume total émis sur le continent. Le Maroc se classe au deuxième rang africain mais loin derrière, avec 3,14 milliards de dollars, suivi par le Kenya, la Namibie et l’Égypte. Dans la majorité des autres États, à l’image de l’Algérie, l’assurance-vie demeure un produit marginal réservé à une minorité de salariés plutôt qu’un outil d’épargne populaire.
Un marché IARD plus équilibré
En comparaison, la branche de l’assurance dommages présente une répartition géographique moins concentrée, tirée par les garanties obligatoires et la couverture des grands actifs industriels, énergétiques et miniers. Six pays dépassent le cap du milliard de dollars de primes IARD, menés par l’Afrique du Sud, le Maroc, le Kenya, l’Égypte, l’Algérie et le Nigeria. Le rapport souligne également la bonne rentabilité des réassureurs africains, tout en précisant que leur capacité financière globale reste encore restreinte face aux risques majeurs, contraignant les assureurs du continent à céder une grande partie de leurs couvertures auprès des acteurs internationaux.







