Le procès en appel du financement libyen de la campagne présidentielle de 2007 a franchi une étape décisive ce mardi 12 mai 2026. Pour le deuxième jour de ses réquisitions, le parquet général a demandé la condamnation de l’ancien président de la République, Nicolas Sarkozy, pour l’ensemble des chefs d’accusation, incluant la corruption et le financement illégal de campagne.
« Un accord entre Nicolas Sarkozy et Mouammar Kadhafi »
Contrairement au jugement de première instance qui avait relaxé l’ex-chef de l’État sur plusieurs points, les procureurs généraux ont affirmé avec force l’existence d’un pacte corrupteur entre Paris et Tripoli.
-
Abus de fonction : Le parquet estime que Nicolas Sarkozy et Claude Guéant ont « dévoyé » et « usurpé » les plus hautes fonctions de l’État.
-
Réceptacle occulte : Pour l’accusation, les comptes de la campagne de 2007 ont servi à occulter des fonds provenant du régime de Mouammar Kadhafi afin de financer des « aspirations personnelles et politiques ».
-
Perdition républicaine : L’avocat général a fustigé une stratégie ayant permis de « vicier l’élection suprême de la Ve République ».
Le débat sur la qualité de ministre-candidat
L’enjeu de cet appel repose sur une subtilité juridique qui avait bénéficié à Nicolas Sarkozy en première instance :
-
Première instance : Le tribunal l’avait relaxé pour corruption, jugeant qu’en tant que candidat, il n’était pas « dépositaire de l’autorité publique ».
-
Arguments de l’appel : Le parquet général conteste cette vision, rappelant que Nicolas Sarkozy était ministre de l’Intérieur au moment où les faits de corruption ont été commis, ce qui l’assujettit pleinement aux sanctions prévues par la loi.
« Parce qu’ils étaient puissants (…), Nicolas Sarkozy et Claude Guéant pensaient être intouchables », a lancé le procureur général, marquant ainsi une volonté de sévérité accrue par rapport au premier procès où seule l’association de malfaiteurs avait été retenue.







