La pression judiciaire ne faiblit pas sur l’opposition en Turquie. Ce samedi 11 juillet 2026, la police a mené un important coup de filet à l’aube dans la capitale, Ankara. L’opération a ciblé directement la mairie de Çankaya, le bastion historique du Parti républicain du peuple (CHP) et l’arrondissement le plus peuplé de la ville. Le parquet a ordonné l’arrestation de 36 personnes, dont le maire lui-même. Les suspects sont visés par des accusations graves de corruption, de trucage d’appels d’offres et d’appartenance à une organisation criminelle.
Une stratégie d’asphyxie des municipalités de l’opposition
Le CHP rejette en bloc ces accusations et dénonce une manœuvre purement politique. Depuis un an et demi, au moins 26 maires issus du principal parti d’opposition ont déjà été incarcérés à travers le pays. Parmi eux figure notamment Ekrem Imamoglu, le très populaire maire d’Istanbul et principal rival potentiel du président Recep Tayyip Erdogan. Pour les dirigeants du CHP, le gouvernement utilise la justice de manière systématique afin d’affaiblir ses adversaires et de reprendre le contrôle des grandes villes à moins de deux ans de la prochaine élection présidentielle.
Une opposition affaiblie par une profonde crise interne
Ces arrestations massives surviennent à un moment particulièrement critique pour le parti d’opposition. Le CHP traverse en effet une crise institutionnelle interne majeure depuis plusieurs semaines. En mai dernier, une décision de justice très contestée a révoqué le dirigeant élu Özgür Özel pour réinstaller à sa tête l’ancien président Kemal Kiliçdaroglu. Les observateurs politiques y voient une ingérence orchestrée par le pouvoir exécutif afin de diviser et de déstabiliser durablement l’opposition, sortie pourtant victorieuse des élections locales de 2024.







