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17/07/2026
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24h dans le MondeActualitésAfriquePlus de 25 000 étrangers fuient l’Afrique du Sud avant la date limite des milices

Plus de 25 000 étrangers fuient l’Afrique du Sud avant la date limite des milices

Une atmosphère de terreur et un exode humanitaire d’une rare violence secouent l’Afrique du Sud. Ce mardi 30 juin 2026, date limite fixée par des milices citoyennes locales, le pays fait face au départ précipité de milliers de ressortissants africains. Selon le bilan officiel publié par le National Joint Operational and Intelligence Structure (Natjoints), plus de 25.000 étrangers sans papiers ont déjà été rapatriés en urgence vers leurs pays d’origine pour assurer leur sécurité.

Un ultimatum illégal et une vague de meurtres

Bien que cet ultimatum n’ait jamais été validé ou soutenu par le gouvernement sud-africain, de petits groupes de citoyens radicalisés et ultra-organisés ont imposé la date du 30 juin pour le départ de tous les migrants en situation irrégulière.

Ces dernières semaines, des expéditions punitives ont été menées à Soweto, Johannesburg, Durban ou encore Le Cap. Des groupes d’individus ont défilé dans les rues et organisé des chasses à l’homme, fouillant les habitations maison par maison pour contrôler les identités. Cette flambée de haine xénophobe a déjà coûté la vie à quatre personnes (deux Mozambicains, un Éthiopien et un Malawite). Entre le 1er mars et le 29 juin, les services de renseignement et la police ont enregistré 103 affaires criminelles liées à ces violences et procédé à 195 arrestations.

Un pont aérien et routier organisé par les pays voisins

Face à l’urgence absolue et à la multiplication des pillages, plusieurs gouvernements africains ont mis en place des cellules de crise et affrété des liaisons exceptionnelles pour sauver leurs ressortissants, désormais regroupés dans des camps de fortune :

  • Le Malawi : C’est la communauté la plus touchée avec plus de 15.000 rapatriements recensés.

  • Le Ghana et le Nigeria : Respectivement au moins 988 et 600 citoyens évacués par voie aérienne.

  • Le Zimbabwe et le Mozambique : Organisation de dizaines de convois de cars et de vols spéciaux.

Le Natjoints a annoncé le déploiement massif d’unités spécialisées, de brigades cynophiles et d’un soutien héliporté pour sécuriser les points de regroupement et encadrer la suite des départs volontaires.

Le migrant comme bouc émissaire 

L’Afrique du Sud, terre historique d’immigration pour la main-d’œuvre du continent, traverse une zone de fortes turbulences sociales. Avec un taux de chômage structurel qui dépasse les 30%, les tensions autour de l’accès à l’emploi et de la criminalité sont quotidiennement instrumentalisées par ces milices.

Les analystes politiques rappellent que ces explosions de violence sont récurrentes dans le pays (les émeutes de 2008 avaient notamment fait 62 morts) et regrettent que les populations migrantes soient utilisées comme boucs émissaires pour masquer des failles profondes de gouvernance et des inégalités économiques que l’État ne parvient pas à résorber.

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