L’imbroglio juridique autour du statut parlementaire d’Ousmane Sonko vient de franchir une étape décisive à Dakar. Saisi par plusieurs députés de l’opposition qui contestaient la réintégration de l’ancien Premier ministre au sein de l’hémicycle, le Conseil constitutionnel du Sénégal a rendu son verdict ce mercredi 17 juin 2026. La haute juridiction s’est déclarée strictement incompétente pour trancher ce litige, estimant que la réinstallation du leader du Pastef relevait d’un acte purement administratif et non d’un contentieux électoral.
Les Sages rejettent les arguments de l’opposition
Le collectif des députés de l’opposition espérait s’appuyer sur la plus haute instance judiciaire du pays pour invalider la décision du Bureau de l’Assemblée nationale. Les requérants invoquaient notamment l’article 92 de la Constitution pour pousser les Sages à statuer sur la régularité du fonctionnement des institutions. Cependant, après avoir validé son quorum de six membres en fonction, le Conseil constitutionnel a rappelé que ses prérogatives de contrôle s’arrêtaient dès la proclamation définitive des résultats d’un scrutin. La réintégration d’un député en cours de législature échappe donc totalement à son champ d’action constitutionnel.
Sonko garde le contrôle de l’Assemblée Nationale
Cette décision marque une victoire tactique majeure pour le camp de la majorité présidentielle. L’avocat représentant le président de l’Assemblée nationale avait d’ailleurs plaidé l’irrecevabilité de la plainte, affirmant qu’il s’agissait d’une cuisine interne à l’institution. En fermant définitivement la voie contentieuse devant cette juridiction, les Sages évitent de s’immiscer dans une guerre de tranchées politique, sans pour autant valider ou invalider la légalité de la procédure. Ousmane Sonko, fraîchement porté vers la présidence de l’Assemblée, est conforté dans son rôle de premier plan sur l’échiquier politique sénégalais.







