Le projet gouvernemental de refonte de l’enseignement supérieur se heurte à l’analyse critique des sages du secteur. Dans un avis officiel détaillé, le Conseil supérieur de l’éducation, de la formation et de la recherche scientifique (CSEFRS) a jugé insuffisante la proposition de révision de la carte universitaire. Si l’instance valide l’intention de désengorger les grands pôles et de passer de 12 à 27 universités publiques d’ici 2028, elle avertit qu’un simple redécoupage géographique ne pourra jamais se substituer à une réforme de fond touchant la qualité, la gouvernance et l’employabilité.
Réponse étroite
Pour le Conseil, l’approche adoptée par l’Exécutif souffre d’un biais purement institutionnel et cartographique. Le diagnostic gouvernemental pointe pourtant des maux profonds et connus : encombrement massif, décrochage des étudiants, manque de moyens et déconnexion avec le marché du travail. Or, le traitement proposé se limite à redessiner les frontières administratives et à multiplier les structures. L’instance consultative regrette ce décalage et rappelle que la proximité territoriale ne doit pas devenir un alibi pour masquer le manque d’enseignants, de laboratoires ou de bibliothèques.
Autonomie nécessaire
Le succès de cette réorganisation reste conditionné par l’octroi d’une autonomie réelle aux futurs établissements. Le CSEFRS plaide pour que les 15 nouvelles entités créées bénéficient de larges prérogatives administratives, pédagogiques et financières afin de pouvoir bâtir des projets adaptés à leur région. Sans ces leviers d’action, le risque est grand de voir naître de simples antennes administratives incapables d’innover. Le Conseil insiste également sur l’urgence de valoriser les filières à accès ouvert, qui restent le premier vivier de formation des compétences nationales.
Vision globale
La critique la plus fondamentale de l’instance porte sur l’absence d’un véritable schéma directeur national. Selon la loi-cadre, la révision de la carte universitaire ne devrait être qu’un outil technique découlant d’une feuille de route stratégique globale. Le Conseil presse donc le gouvernement de formaliser un plan pluriannuel cohérent qui définit précisément comment moderniser les méthodes d’enseignement, stimuler la recherche scientifique, structurer la vie étudiante (logements, culture, sport) et sécuriser juridiquement la transition planifiée entre 2026 et 2028.







