Désengorger la région parisienne pour mieux répartir l’effort d’accueil sur l’ensemble du territoire. C’est le cœur du rapport de la Cour des comptes à paraître ce vendredi 12 juin 2026. La juridiction financière y dresse un bilan contrasté de deux mécanismes clés mis en place par l’État : « l’orientation régionale » et les « sas régionaux ». Si les objectifs de transfert hors de l’Île-de-France sont globalement atteints, le document pointe un manque de suivi administratif et des structures parfois inadaptées.
L’orientation régionale : des objectifs atteints mais des angles morts
Instauré en 2021, le dispositif d’orientation régionale impose aux exilés s’enregistrant en Île-de-France d’accepter un hébergement en province sous peine de perdre leurs droits à l’allocation pour demandeur d’asile (ADA). En 2020, la région parisienne concentrait à elle seule 46% des demandes pour seulement 19% des places d’hébergement disponibles.
Quatre ans plus tard, la Cour des comptes estime que la trajectoire est positive : en 2024, 18 000 personnes ont accepté ce transfert. Au total, 70% des demandeurs d’asile ont pu être logés sur le territoire.
Toutefois, le rapport souligne deux limites majeures :
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Les refusés du système : Les statistiques n’intègrent pas les exilés qui refusent de quitter Paris, préférant rester à la rue pour préserver leurs réseaux communautaires ou leurs perspectives d’emploi.
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L’extension aux Hauts-de-France : Face à la saturation des infrastructures locales, la Cour préconise d’intégrer désormais la région Hauts-de-France à cet effort de répartition, alors qu’elle en était dispensée en raison de sa situation frontalière complexe.
Les « sas régionaux » : un progrès entaché par le manque de suivi
Le second volet du rapport évalue les dix « sas régionaux » créés pour accueillir temporairement (3 semaines maximum) les personnes évacuées lors des démantèlements de campements parisiens. Entre 2023 et 2025, 8 000 personnes ont transité par ces structures.
La Cour salue un « progrès indéniable » sur le plan de la prise en charge sanitaire et sociale, mais déplore une nette sous-utilisation des capacités : seul un tiers des places disponibles a été occupé, la faute à des logements souvent inadaptés aux structures familiales.
Plus inquiétant encore, l’absence totale de suivi administratif à l’issue des trois semaines de prise en charge empêche de vérifier si ces publics accèdent réellement à un logement pérenne. Une faille qui valide les alertes récurrentes des associations de terrain, lesquelles dénoncent un phénomène de « retour à la rue » et un reflux massif des exilés vers l’Île-de-France.







