La tension ne retombe pas en Afrique du Sud. Au lendemain d’une allocution ferme du président Cyril Ramaphosa condamnant les violences xénophobes, des vagues de manifestants ont de nouveau défilé ce lundi 8 juin 2026 dans la banlieue de Johannesburg ainsi que dans les provinces du Cap-Occidental et du Limpopo. Une contestation de rue qui illustre le fossé grandissant entre les promesses de reprise en main de l’État et l’action de milices civiles déterminées à chasser les étrangers.
Le plan de fermeté du président face à l’anarchie des milices
Face à l’escalade, le chef de l’État a annoncé dimanche soir un arsenal de mesures pour tenter de désamorcer la crise, à seulement cinq mois des élections locales :
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Justice accélérée : La création de tribunaux spécialisés afin d’accélérer les procédures d’expulsion des clandestins.
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Sanctions économiques : Le durcissement des amendes et contrôles contre les employeurs violant les lois sur l’embauche des étrangers.
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Coup d’arrêt au vigilantisme : Une mise en garde sévère contre les groupes de civils autoproclamés qui harcèlent et vandalisent les commerces tenus par des migrants.
Cette sortie présidentielle a apporté un léger soulagement aux communautés d’expatriés. Amir Sheik, commerçant somalien et président de l’Association de la diaspora africaine, a salué la fin du « silence des autorités », rappelant que de nombreux commerçants étrangers sont en situation parfaitement régulière, paient leurs taxes et subissent le racket quotidien de milices citoyennes qui leur ont fixé un ultimatum de départ au 30 juin.
Un exécutif pris au piège entre colère sociale et crise diplomatique
Cyril Ramaphosa se retrouve dans une position politique intenable. D’un côté, il fait face à une opinion publique locale exaspérée par un taux de chômage endémique qui dépasse les 30%, ce qui fait des 3 millions d’immigrés installés dans le pays (environ 5% de la population) des boucs émissaires idéaux. De l’autre, la passivité reprochée à Pretoria a provoqué une crise diplomatique majeure sur le continent. Fatigués de voir leurs ressortissants ciblés par des violences récurrentes, plusieurs gouvernements africains comme le Ghana, le Mozambique et la Zambie ont d’ores et déjà enclenché des procédures de rapatriement d’urgence.







