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02/06/2026
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24h dans le MondeActualitésMédiasQui est Xenia Fedorova, devenue l’atout pro-russe de CNews ?

Qui est Xenia Fedorova, devenue l’atout pro-russe de CNews ?

L’empire médiatique du milliardaire conservateur Vincent Bolloré traverse une nouvelle zone de tempête. Après avoir essuyé de vives critiques pour des tensions dans le milieu du cinéma, le groupe est désormais accusé par des membres du gouvernement français d’abriter et de légitimer une « propagandiste du Kremlin » en la personne de Xenia Fedorova. Journaliste russe de 45 ans dépourvue de carte de presse, son influence grandissante sur les plateaux et dans les colonnes du groupe Bolloré suscite de profondes vagues d’inquiétude jusqu’au sommet de l’État.

Une habituée des plateaux de CNews et des colonnes du JDNews

Xenia Fedorova est loin d’être une inconnue dans l’univers de la désinformation d’État. Elle a dirigé la version française de la chaîne de télévision russe RT France, un organe officiel de propagande interdit par l’Union européenne en 2022 dans la foulée de l’invasion de l’Ukraine, puis définitivement fermé en 2023 à la suite du gel de ses avoirs financiers.

Après la chute de sa chaîne, la journaliste a trouvé un refuge éditorial de premier plan au sein de la galaxie Bolloré. Son omniprésence se décline sur plusieurs supports majeurs :

  • À la télévision : Elle est l’invitée régulière de l’émission « L’Heure Inter » sur CNews les mercredis et dimanches. Elle présente également le programme « Lumières orthodoxes », diffusé conjointement sur CNews et CStar.

  • Dans la presse écrite : Elle signe une chronique hebdomadaire au sein du tout jeune titre JDNews.

  • En librairie : En 2025, elle a publié ses mémoires intitulées « Bannie » chez Fayard, une maison d’édition contrôlée par le groupe Bolloré, où elle accuse la France de vouloir la « museler ».

Levée de boucliers politique et recadrages de l’Arcom

Cette exposition médiatique maximale fait grincer des dents au plus haut niveau. Le ministre des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, a publiquement fustigé une complaisance éditoriale sur les ondes de France Inter : « Ouvrir à cette dame ses plateaux et ses colonnes, c’est tout simplement servir la soupe de Vladimir Poutine ». De son côté, la porte-parole du gouvernement, Maud Bregeon, a dénoncé des propos graves qui « inversent complètement la charge de la preuve sur les responsabilités entre la Russie et l’Ukraine ». Au Quai d’Orsay, une note interne confirme le strict alignement des interventions de la chroniqueuse sur la rhétorique officielle de Moscou (OTAN, Ukraine, Europe).

Le gendarme de l’audiovisuel, l’Arcom, a d’ailleurs été saisi à deux reprises en mai 2026 pour « manque d’honnêteté et de rigueur de l’information » suite à des déclarations polémiques de la chroniqueuse :

  1. Le 9 mai : Pour avoir accusé de manière fallacieuse la Lettonie de glorifier le nazisme.

  2. Le 10 mai : Pour avoir affirmé sur la guerre en Ukraine que « c’est l’Occident qui a décidé de prolonger ce conflit ».

Tensions en interne et contre-attaque du groupe Canal+

En interne, la présence de Xenia Fedorova provoque d’importants remous. L’enquête du quotidien Le Monde a révélé que certains intervenants réguliers de CNews, critiques envers Moscou, se sont vu écartés de l’antenne après des échanges tendus en plateau avec elle. C’est notamment le cas du général Bruno Clermont, qui a témoigné des conséquences directes de ses désaccords avec la chroniqueuse.

Interpellé par un actionnaire sur la présence d’une « agent russe » à l’antenne, le patron du groupe Canal+, Maxime Saada, a fermement défendu sa collaboratrice. Évoquant l’intérêt de proposer des « points de vue différents qu’on n’entend pas sur les autres chaînes », le dirigeant a disqualifié la polémique, y voyant une énième tentative politique et médiatique de déstabiliser et de « fermer CNews ».

Enfin, l’affaire soulève des interrogations juridiques : des figures politiques comme Édouard Philippe se sont publiquement étonnées que la chroniqueuse puisse conserver un titre de séjour de dix ans (renouvelé en août 2024) malgré de telles accusations d’ingérence.

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