Le 6 mai 2026, la Gambie a réaffirmé son engagement en faveur d’une migration sûre, ordonnée et régulière lors du Forum international d’examen des migrations (IMRF) tenu à New York. Une délégation de haut niveau, conduite par le ministre des Affaires étrangères, Sering Modou Njie, a présenté le rapport volontaire du pays sur la mise en œuvre du Pacte mondial pour les migrations (GCM).

Ce rapport met en avant la volonté du gouvernement gambien de renforcer une approche fondée sur les droits humains, les données probantes et la coopération internationale, afin de mieux gérer les enjeux migratoires contemporains.
Un engagement constant depuis 2018
Considérée comme un « pays champion » du Pacte mondial pour les migrations, la Gambie figure parmi les 164 États ayant adopté ce cadre onusien en 2018. Ce choix avait déjà confirmé son attachement au multilatéralisme et à la migration comme enjeu partagé du développement durable.
Depuis, le pays affirme avoir enregistré des avancées dans plusieurs domaines clés : gestion des envois de fonds, engagement de la diaspora, protection des migrants, gestion des frontières, ainsi que retour et réintégration des migrants.
Les systèmes de transferts financiers ont été modernisés grâce aux outils numériques et aux innovations financières, renforçant leur impact sur les ménages et l’économie nationale. Les programmes de réinsertion soutiennent également les migrants de retour à travers la formation, l’aide économique et l’accompagnement psychosocial.
Sensibilisation et politiques publiques renforcées
Les campagnes de sensibilisation menées avec les partenaires publics et la société civile ont permis de mieux informer les populations, notamment les jeunes, sur les risques et opportunités liés à la migration.
La Gambie a également intégré la migration dans son plan national de développement (2023-2027) et élabore une stratégie nationale dédiée, visant à mieux aligner les politiques migratoires avec les objectifs économiques et sociaux du pays.
Une approche inclusive et coordonnée
Le rapport souligne l’implication croissante de la société civile, du secteur privé, des médias et de la diaspora dans la gouvernance migratoire. Cette coopération élargie permettrait une meilleure innovation et une amélioration des services. Des efforts sont aussi en cours pour renforcer les systèmes de données, améliorer la coordination institutionnelle et élargir les voies de migration régulière. La lutte contre la traite des personnes et le trafic de migrants a également été intensifiée grâce à de meilleures capacités de contrôle et des réformes juridiques en cours.
Un processus consultatif national
L’élaboration du rapport a reposé sur une démarche inclusive coordonnée par le Mécanisme national de coordination sur les migrations, avec l’appui de l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) et du Réseau des Nations Unies pour les migrations en Gambie.
Des consultations nationales ont été organisées en mars et avril 2026, réunissant des acteurs gouvernementaux, des agences onusiennes, la société civile, les médias, les universitaires, le secteur privé et des organisations représentant les personnes handicapées. Des consultations régionales ont également permis d’intégrer les réalités locales.
Un plaidoyer international pour la protection des migrants
En marge de l’IMRF, la Gambie a coprésidé un événement de haut niveau consacré au sauvetage des migrants disparus, organisé avec l’Équateur et plusieurs partenaires humanitaires, dont le CICR et la Fédération internationale de la Croix-Rouge.
Le ministre a insisté sur la dimension humaine des migrations, rappelant que chaque disparition représente une tragédie évitable nécessitant une réponse collective urgente.
Un engagement renouvelé
La Gambie a enfin réaffirmé sa volonté de renforcer les partenariats internationaux afin de garantir une migration sûre et bénéfique pour tous. Le gouvernement entend poursuivre sa coopération avec les acteurs nationaux et internationaux pour faire progresser les objectifs du Pacte mondial et valoriser les contributions positives des migrations au développement du pays, rapporte Kaweru.
Norbert MEGAN YAOVI







