Un mois après le début des bombardements contre le régime iranien, la stratégie de Benyamin Nétanyahou suscite de vives inquiétudes au sein de la presse internationale. Entre l’enlisement potentiel au Liban et l’escalade avec Téhéran, le Premier ministre israélien semble engagé dans une « guerre permanente » dont l’issue demeure incertaine, malgré le soutien affiché de Donald Trump.
L’effondrement des piliers de sécurité traditionnels
Selon une analyse du quotidien Ha’Aretz, le traumatisme du 7 octobre 2023 a radicalement modifié la doctrine de sécurité israélienne. Auparavant basée sur la dissuasion et la détection avancée pour des conflits courts, la stratégie actuelle s’est transformée en une quête de changement total de la carte régionale.
Cette « coentreprise » militaire avec l’administration Trump vise l’annihilation des infrastructures énergétiques iraniennes, notamment sur l’île de Kharg. Toutefois, de nombreux observateurs, dont le journaliste Anshel Pfeffer, y voient un pari à haut risque rappelant les impasses historiques de 1956 et 1982.
Un pays sous tension et des fronts qui se multiplient
Sur le terrain, la situation s’avère complexe pour Tsahal :
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Au Liban : La résistance du Hezbollah contraint l’armée israélienne à envisager une présence prolongée « de plusieurs mois, voire des années » en profondeur sur le territoire libanais.
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En Iran : Les frappes se poursuivent malgré une riposte sans précédent du régime des mollahs.
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En interne : Le chef d’état-major, Eyal Zamir, a tiré la sonnette d’alarme le 26 mars dernier, doutant de la capacité de l’armée à tenir tous les fronts simultanément.
L’enjeu de la survie politique
Pour une partie de la presse israélienne, notamment le Yediot Aharonot, cette fuite en avant est intrinsèquement liée à la survie politique de Nétanyahou. Accusé de ne pas « parler vrai » à ses concitoyens par des analystes comme Avi Issacharoff, le Premier ministre joue son avenir lors des élections prévues cette année.
Pendant ce temps, la population vit dans une « boucle d’épuisement et d’inquiétude » permanente. Le débat sur l’enrôlement des juifs ultraorthodoxes, relancé par les besoins croissants de l’armée, illustre les fractures d’une société à bout de souffle après deux ans et demi de conflit.







