Le mercredi 11 mars 2026, les 32 pays membres de l’Agence internationale de l’énergie décident à l’unanimité de libérer 400 millions de barils de pétrole. C’est le déblocage le plus important de toute l’histoire de l’institution. L’objectif : calmer les marchés après la fermeture du détroit d’Ormuz.
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400 millions de barils : un record historique |
| Le directeur exécutif de l’AIE, Fatih Birol, l’annonce clairement depuis Paris. Les 32 pays membres mettent 400 millions de barils à la disposition du marché pour compenser la perte d’approvisionnement due à la fermeture effective du détroit d’Ormuz. Cette décision est prise à l’unanimité. Elle dépasse largement le précédent record de 182 millions de barils libérés en deux phases en 2022 après l’invasion de l’Ukraine par la Russie. |
| Ces 400 millions de barils représentent environ 20 jours des volumes exportés via le détroit d’Ormuz, selon Emmanuel Macron. Ils équivalent à un tiers des stocks stratégiques mondiaux. Les pays membres de l’AIE détiennent aujourd’hui plus de 1,2 milliard de barils de stocks d’urgence, auxquels s’ajoutent 600 millions de barils détenus par l’industrie privée sous obligation gouvernementale. La France débloque 14,5 millions de barils sur ses 100 millions de barils de réserve. |
| Japon et Allemagne prennent les devants |
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Tokyo ne patiente pas. La Première ministre japonaise Sanae Takaichi annonce dès le 10 mars que le Japon débloque l’équivalent d’un mois de stocks publics et 15 jours de stocks privés, sans attendre la décision officielle de l’AIE. Berlin suit immédiatement. L’Espagne, l’Allemagne et l’Autriche se déclarent favorables avant même le vote de mercredi. |
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La réunion des ministres de l’Énergie du G7 en visioconférence, tenue mardi 10 mars, pose les bases de l’accord. Le lendemain, les chefs d’État du G7 se retrouvent en visioconférence autour de Macron, président de la réunion cette année. Ils actent deux points clés : débloquer les réserves et ne pas lever les sanctions contre la Russie. Macron est catégorique : le blocage du détroit d’Ormuz ne justifie en aucun cas de modifier la position du G7 vis-à-vis de Moscou. |
| Les marchés restent sous tension malgré l’annonce |
| L’annonce de l’AIE ne produit pas l’effet escompté sur les marchés. Le baril de Brent reprend 5,7 % à 92,87 dollars et le WTI gagne 6,5 % à 88,86 dollars mercredi matin. Les investisseurs doutent que 400 millions de barils compensent réellement les perturbations en Asie, où transitent 83 % du pétrole passant par Ormuz. |
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Édouard Gantès, expert énergétique interrogé par la RTS, parle d’un pansement sur une jambe de bois. Ces stocks permettent d’injecter environ 4 millions de barils par jour pendant une centaine de jours. Cela calme la panique mais ne règle pas la crise. Roland Lescure, ministre français de l’Économie, envoie le seul message qui compte : si on ne peut pas rouvrir le détroit d’Ormuz, on va le remplacer par du pétrole venant d’ailleurs. Les pays du G7 préparent également une escorte militaire coordonnée pour sécuriser la navigation dans le détroit dès que les conditions militaires le permettront. |







