Ce lundi 9 mars, le baril de Brent flambe de 30 % en quelques heures et dépasse 115 dollars. Le détroit d’Ormuz reste bloqué. Les marchés paniquent. Le G7 se réunit en urgence.
Une envolée historique, record battu
Les marchés asiatiques ouvrent le 9 mars dans la panique. Dès les premiers échanges, le baril de WTI s’envole de 25 % à 113,90 dollars. Le Brent franchit 114 dollars, puis 115, puis frôle brièvement 120. Depuis le début de l’offensive américano-israélienne contre l’Iran le 28 février, le WTI s’est apprécié de 70 %. Aucun conflit précédent n’avait provoqué une telle accélération. Pas même la guerre en Ukraine, qui avait poussé le baril à 130 dollars en mars 2022, mais sur plusieurs semaines.
La cause principale : le détroit d’Ormuz, quasi paralysé depuis dix jours. Ce couloir de 50 kilomètres de large achemine 20 % du pétrole mondial. Les assureurs maritimes ont quitté la table. Les primes de risque de guerre ont explosé. Maersk, CMA CGM et Hapag-Lloyd ont suspendu leurs transits. Là où circulaient 100 tankers par jour en février, on n’en compte plus que quatre ou cinq.
Des producteurs du Golfe coupent le robinet
L’Irak annonce une chute de 70 % de sa production : seulement 1,3 million de barils par jour, contre 4 millions habituellement. Le Koweït déclare un cas de force majeure sur ses expéditions. Le Qatar réduit sa production de gaz naturel liquéfié après avoir été frappé. Les Émirats et l’Arabie saoudite s’apprêtent à faire de même.
L’Iran tire des missiles sur les infrastructures pétrolières du Golfe. Bahreïn subit des frappes sur sa raffinerie Bapco. Les prix du gaz européen bondissent de 30 % dans la foulée. Le TTF néerlandais, référence européenne, s’affiche à 66 euros le mégawattheure. L’Europe fait face à un double choc : pétrole et gaz simultanément.
Le G7 en urgence, Paris retient son souffle
Les ministres des Finances du G7 se réunissent en visioconférence ce lundi. Ils discutent du recours coordonné aux réserves stratégiques de pétrole. La France mobilise son économiste Patrice Geoffron, qui avait averti dès le 1er mars : le risque est majeur.
À la pompe, chaque tranche de 100 dollars le baril ajoute environ 20 centimes au litre. Avec un baril à 115 dollars, le seuil des 2 euros le litre en France devient une question de jours.
Trump affiche sa sérénité sur Truth Social : « c’est un tout petit prix à payer pour la paix et la sécurité des États-Unis ». Bloomberg Economics est moins optimiste : la guerre en Iran menace de faire basculer la zone euro en récession. La BCE fait face à un dilemme redoutable : lutter contre l’inflation relancée par le choc pétrolier, ou soutenir une économie européenne déjà fragilisée.







