Dix-huit mois après le retrait conjoint du Burkina Faso, du Mali et du Niger de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest, les pays membres de l’Alliance des États du Sahel et la CEDEAO ont officiellement renoué le dialogue officiel samedi 17 octobre 2026 au Sénégal. Cette rencontre organisée à Dakar constitue la toute première réunion ministérielle entre les deux blocs régionaux depuis la rupture intervenue au début de l’année 2025.
Menées respectivement par le ministre burkinabè des Affaires étrangères Karamoko Jean-Marie Traoré pour l’AES et par son homologue sénégalais Cheikh Niang pour la CEDEAO, les discussions se sont déroulées dans un esprit de respect mutuel et de souveraineté. À l’issue des échanges, les deux délégations ont convenu de la création de groupes de travail thématiques conjoints destinés à poser les bases d’un futur accord-cadre de coopération.
Une reprise de contact ministérielle inédite à Dakar
Ce sommet inédit marque une étape clé dans l’apaisement des relations diplomatiques en Afrique de l’Ouest. Après des mois de tensions suite aux coups d’État survenus entre 2020 et 2023 et à la création de l’AES par les trois régimes militaires saheliens, la réunion de Dakar permet de rétablir un canal de discussion officiel. Les délégations ont réaffirmé la nécessité de maintenir des liens fondés sur le bon voisinage, la dignité et la préservation de l’intérêt direct des populations ouest-africaines.
Vers la signature d’un accord-cadre de coopération
Pour concrétiser ce rapprochement stratégique, les représentants de l’AES et de la CEDEAO ont validé la mise en place de commissions de travail conjointes. Ces groupes thématiques auront pour mission de formaliser un partenariat structuré, alors même que le Burkina Faso, le Mali et le Niger ont engagé une réorientation diplomatique majeure vers la Russie pour leurs enjeux sécuritaires, tout en prenant leurs distances avec plusieurs de leurs voisins de la région.







