Le Kenya devra renforcer sa lutte contre le dopage avant d’accueillir les Championnats du monde d’athlétisme en 2029. Le pays, première nation africaine à organiser cette compétition, sera particulièrement surveillé en raison de son importance dans l’athlétisme mondial et des affaires de dopage qui ont terni son image ces dernières années.
Cet appel a été lancé mardi à Nairobi par Witold Banka, président de l’Agence mondiale antidopage (AMA), au terme d’une visite de trois jours dans le pays. Selon lui, l’organisation des Mondiaux représente un grand honneur pour le Kenya, mais aussi une responsabilité plus importante en matière de contrôle et de protection des athlètes.
Une responsabilité accrue pour Nairobi
Mi-septembre, World Athletics a confié à Nairobi l’organisation des Championnats du monde d’athlétisme de 2029. Cette décision représente une première pour le continent africain et constitue une reconnaissance du rôle majeur joué par le Kenya dans cette discipline.
Le pays est notamment réputé pour ses coureurs de fond et de demi-fond, qui figurent régulièrement parmi les meilleurs au monde. Mais cette réputation a également été fragilisée par plusieurs affaires liées à l’utilisation de produits interdits.
Pour Witold Banka, le Kenya doit donc montrer l’exemple avant le début de la compétition. Il estime que le pays doit disposer d’un système antidopage solide, indépendant et capable de contrôler efficacement les sportifs, les entraîneurs et les réseaux qui fournissent les produits interdits.
Le président de l’AMA a également insisté sur la nécessité de renforcer les moyens de l’Agence antidopage du Kenya, connue sous le sigle ADAK. Cette structure doit pouvoir mener des contrôles, enquêter sur les cas suspects et collaborer avec les autres institutions concernées.
Une coopération contre les réseaux de dopage
Witold Banka a appelé à une meilleure coopération entre l’ADAK, les services de sécurité et les autorités chargées de lutter contre le trafic de produits dopants. Selon lui, l’agence antidopage ne peut pas résoudre seule le problème.
L’AMA souhaite notamment travailler avec les autorités kényanes contre les réseaux qui produisent, importent et distribuent des stéroïdes aux athlètes. Cette coopération pourrait permettre de cibler non seulement les sportifs contrôlés positifs, mais aussi les personnes et les organisations qui organisent le trafic.
Le responsable de l’AMA a annoncé la mise en place possible d’opérations conjointes avec les autorités kényanes. Il a appelé à une politique de « tolérance zéro » contre le dopage et à une approche plus ferme contre ceux qui mettent en danger la santé des athlètes.
Cette visite intervient alors que le Kenya cherche à démontrer les progrès réalisés dans son dispositif antidopage. L’ADAK affirme travailler depuis plusieurs années avec l’Unité d’intégrité de l’athlétisme afin d’améliorer les contrôles et de réduire le nombre de suspensions.africanews+1
Préserver l’image des athlètes kényans
Pour le Kenya, l’enjeu dépasse la seule organisation des Mondiaux 2029. Il s’agit aussi de protéger l’image d’un pays considéré comme l’une des grandes puissances de l’athlétisme mondial.
Les performances des athlètes kényans ont contribué à la renommée internationale du pays. Toutefois, chaque nouvelle affaire de dopage alimente les soupçons et jette le doute sur les résultats obtenus par l’ensemble des sportifs kényans, y compris ceux qui respectent les règles.
Witold Banka a donc rappelé que la lutte antidopage devait viser à protéger les athlètes propres et à préserver la crédibilité des compétitions. Le Kenya devra prouver que ses champions peuvent concourir dans un environnement transparent et conforme aux règles internationales.
La réussite des Mondiaux 2029 dépendra ainsi autant de la qualité des infrastructures que de la capacité du pays à garantir l’intégrité sportive. Pour Nairobi, la préparation de l’événement commence donc aussi dans les laboratoires, les structures de contrôle et les services chargés de démanteler les réseaux de produits dopants.







