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13/06/2026
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24h dans le MondeActualitésPolitiqueSénégal : Les raisons du limogeage d’Ousmane Sonko par le président Faye

Sénégal : Les raisons du limogeage d’Ousmane Sonko par le président Faye

Le Sénégal traverse une crise politique majeure au sommet de l’État. La révocation d’Ousmane Sonko de ses fonctions de Premier ministre, officialisée ce vendredi 22 mai 2026 à la télévision nationale, vient sceller la rupture définitive entre le chef de l’État, Bassirou Diomaye Faye, et le leader du Pastef. Cette décision brutale met fin à plus d’un an de crispations et de dualité institutionnelle.

De l’unité de façade aux premières lignes de fracture

Portés au pouvoir en mars 2024 après une campagne présidentielle menée conjointement sous le slogan « Diomaye mooy Sonko », les deux hommes ont vu leurs relations se dégrader progressivement. Les premiers signes de discorde sont apparus à l’automne 2025 lors de la restructuration de la coalition présidentielle.

Le président Faye avait alors suscité la colère du Pastef en écartant Aïssatou Mbodj au profit d’Aminata Touré pour coordonner la plateforme « Diomaye Président ». En réaction, Ousmane Sonko a structuré sa propre dynamique parallèle à travers l’« APTE » (Alliance patriotique pour le travail et l’éthique), divisant la majorité en deux pôles distincts : les fidèles de la coalition présidentielle d’un côté, et les partisans du leader de l’APTE de l’autre.

Le clash à l’Assemblée nationale provoque le limogeage

Les passes d’armes verbales se sont intensifiées au fil des mois. Dès juillet 2025, Ousmane Sonko critiquait publiquement le manque de fermeté de l’action gouvernementale. Face à ce qu’il a perçu comme un empiétement sur ses prérogatives, le président Faye a durci le ton début mai 2026, rappelant fermement à l’ordre son Premier ministre sur ses pouvoirs constitutionnels de nomination et de révocation.

Le point de non-retour a été atteint ce vendredi lors de la séance des questions d’actualité à l’Assemblée nationale. Ousmane Sonko y a exprimé un désaccord frontal et public avec le chef de l’État concernant la gestion des fonds politiques. Quelques heures après cet affront, le décret présidentiel actait la dissolution du gouvernement.

Le Premier ministre déchu a réagi sobrement sur ses réseaux sociaux : « Alhamdoulillah. Ce soir je dormirai le cœur léger à la cité Keur Gorgui. » L’équipe sortante expédie les affaires courantes en attendant la nomination d’un nouveau gouvernement.

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