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04/08/2026
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24h dans le MondeActualitésAfrique‎8 mai 1945 : Sétif, le jour où l’Algérie a basculé vers la guerre d’indépendance

‎8 mai 1945 : Sétif, le jour où l’Algérie a basculé vers la guerre d’indépendance

Les massacres de Sétif, Guelma et Kherrata du 8 mai 1945 sont souvent considérés par de nombreux historiens et responsables algériens comme un tournant majeur dans la rupture entre le peuple algérien et l’autorité coloniale française.

‎Ce jour-là, alors que la France célèbre la victoire sur l’Allemagne nazie, l’Algérie est le théâtre de manifestations nationalistes. À Sétif, des milliers de personnes défilent pour réclamer plus de droits et l’émancipation du pays. Des slogans indépendantistes sont brandis, et pour la première fois, le drapeau algérien apparaît aux côtés du drapeau français. La mort du jeune Bouzid Saâl, abattu après avoir refusé d’abaisser le drapeau algérien, déclenche une vague de colère et des soulèvements qui s’étendent rapidement à Sétif, Guelma, Kherrata et dans plusieurs localités de l’Est.

‎La réponse des autorités coloniales est d’une extrême violence. L’armée française, appuyée par l’aviation et des milices locales, mène une répression massive : bombardements de villages, incendies, arrestations et exécutions se multiplient. Le nombre de victimes reste controversé, mais les autorités algériennes évoquent jusqu’à 45 000 morts, un chiffre profondément ancré dans la mémoire nationale.

Massacres de Sétif, Guelma et Kherrata

‎Pour beaucoup, ces événements marquent l’effondrement des espoirs de réformes pacifiques et renforcent l’idée que seule la lutte armée pourra conduire à l’indépendance, obtenue en 1962 après une longue guerre.

‎Depuis 2020, l’Algérie commémore officiellement le 8 mai comme « Journée nationale de la Mémoire », en hommage aux victimes. Les autorités algériennes continuent de demander une reconnaissance officielle des crimes coloniaux par la France.

‎Plus récemment, certaines initiatives diplomatiques et mémorielles ont été évoquées, notamment des visites officielles et des déclarations appelant à affronter « la vérité de l’histoire ». Cependant, côté algérien, beaucoup estiment que ces gestes restent insuffisants et réclament toujours des excuses formelles de l’État français.

‎Norbert MEGAN YAOVI

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