À quelques mois de l’élection présidentielle de la FIFA prévue au Maroc, le président sortant Gianni Infantino traverse la crise politique la plus sévère depuis son arrivée à la tête de l’instance en 2016. Contesté pour sa gouvernance centralisée, sa proximité affichée avec Donald Trump et la gestion d’un projet commercial controversé, le dirigeant italo-suisse voit se former une opposition structurée menée principalement par plusieurs responsables de l’UEFA.
Bien que la FIFA affiche des indicateurs financiers florissants au sortir du Mondial 2026, la fronde européenne s’intensifie pour exiger plus de transparence et réclamer des réformes institutionnelles. Ses opposants disposent de quelques semaines pour formaliser une candidature alternative capable de rallier les fédérations membres et d’engager une campagne d’alternance face au président candidat à sa propre succession jusqu’en 2031.
Un projet commercial controversé
Au cœur de la tempête figure l’abandon d’un projet de 4,2 milliards de dollars visant à ouvrir les droits commerciaux de la Coupe du monde à des investisseurs privés. Bien que Gianni Infantino ait présenté ses excuses devant le Conseil de la FIFA pour la conduite de ce dossier, plusieurs dirigeants, dont Debbie Hewitt de la Fédération anglaise, jugent ces explications insuffisantes et réclament des engagements écrits. Cette opacité décisionnelle, ajoutée aux liens politiques étroits entretenus avec Donald Trump lors de l’organisation du dernier Mondial nord-américain, alimente l’exaspération des fédérations européennes qui dénoncent un pouvoir personnel au détriment des statuts de l’instance.
Une puissance financière pour contenir la fronde
Face à ces menaces politiques, Gianni Infantino s’appuie sur la solidité économique inégalée de l’institution, dont les réserves financières dépassent désormais les six milliards de dollars. Pour consolider sa position auprès des 211 fédérations membres avant le scrutin de Rabat, le président de la FIFA propose d’allouer une enveloppe globale redistribuant 15 millions de dollars à chaque fédération nationale. Alors que l’UEFA cherche activement un candidat de consensus pour le contrecarrer, ce bras de fer s’annonce comme l’un des moments charnières de la politique sportive internationale de l’année 2027.







