Le procès de trois hommes accusés d’avoir agi pour le renseignement iranien s’est ouvert mardi devant la Crown Court de Woolwich, à Londres.
Selon l’accusation, ils ont surveillé des journalistes d’une chaîne en persan critique de Téhéran, dans le but de les exposer à des violences graves.
L’affaire illustre les inquiétudes britanniques face aux activités iraniennes sur leur sol. Mostafa Sepahvand, 41 ans, Farhad Javadi Manesh, 46 ans, et Shapoor Qalehali Khani Noori, 57 ans, comparaissent depuis le 6 octobre devant la Crown Court de Woolwich, rapporte Euronews. Poursuivis en vertu de la loi sur la sécurité nationale, ils sont accusés d’avoir eu un comportement susceptible d’aider les services de renseignement extérieur iraniens. Tous trois plaident non coupable.
Des journalistes pris pour cible
Les faits reprochés se seraient déroulés entre l’été 2024 et le début de l’année 2025. Selon l’accusation, les trois hommes ont repéré et photographié des lieux liés à plusieurs cibles : les journalistes Mojtaba Pourmohsen et Kambiz Hosseini, qui travaillent pour Iran International, une chaîne d’information en persan basée à Londres, ainsi que Jonathan Turner, membre fondateur de l’association UK Lawyers for Israel.
« Leur but ultime était que l’une de ces personnes soit exposée à des violences graves », a déclaré le procureur Bill Emlyn Jones, cité par Euronews. Il s’agissait, selon lui, de punir des critiques du pouvoir iranien. Mostafa Sepahvand est en outre poursuivi pour surveillance avec l’intention de commettre lui-même des violences graves, ses coaccusés pour surveillance dans le but que d’autres les commettent, précise Black Country Radio.
Les accusés contestent leurs motivations
Les trois hommes reconnaissent s’être rendus sur les lieux et avoir pris des photos. Ils contestent en revanche les intentions qui leur sont prêtées. Farhad Javadi Manesh et Shapoor Noori affirment avoir ignoré qu’ils aidaient le renseignement iranien. Mostafa Sepahvand admet en avoir eu conscience, mais assure avoir agi sous la contrainte.
Arrivés au Royaume-Uni de manière irrégulière entre 2016 et 2022, les trois accusés avaient été arrêtés le 3 mai 2025. Le gouvernement britannique avait alors convoqué l’ambassadeur d’Iran, estimant que Téhéran devait rendre des comptes. Le procès devra désormais établir si les accusés agissaient en connaissance de cause pour le compte de la République islamique. Très critique envers le pouvoir iranien, Iran International reste une cible récurrente des autorités de Téhéran.







