Les élections législatives du 23 septembre 2026 ont profondément reconfiguré le paysage politique marocain. Avec 97 sièges, le Parti de l’authenticité et de la modernité (PAM) s’empare de la première place, devançant le Rassemblement national des indépendants (RNI) qui recule à 66 élus. L’Istiqlal (65 sièges) et le Parti de la justice et du développement (PJD), qui réalise un retour spectaculaire avec 54 députés, complètent le groupe de tête de cette nouvelle Chambre des représentants.
Annoncés par le ministre de l’Intérieur Abdelouafi Laftit, ces résultats marquent un net recul de la coalition gouvernementale sortante, bien que le trio PAM-RNI-Istiqlal conserve arithmétiquement une majorité absolue de 228 sièges. Cependant, les vives tensions de la campagne et les lignes rouges fixées par les différentes formations ouvrent la voie à plusieurs scénarios de coalitions inédits pour former le prochain gouvernement.
Recomposition : Le PAM premier, le PJD en arbitre
Avec 97 sièges acquis, le PAM s’impose au centre de l’échiquier politique marocain. À l’inverse, le RNI perd 36 sièges par rapport à 2021, sanctionné après avoir dirigé l’exécutif sortant. La grande surprise de ce scrutin demeure la résurgence du PJD, qui bondit à 54 sièges après son effondrement lors du précédent scrutin, retrouvant ainsi un poids stratégique non négligeable pour les tractations à venir.
| Parti politique | Sièges 2021 | Sièges 2026 | Évolution |
| PAM | 87 | 97 | +10 |
| RNI | 102 | 66 | -36 |
| Istiqlal | 81 | 65 | -16 |
| PJD | 13 | 54 | +41 |
| Mouvement populaire | 28 | 29 | +1 |
Équations : Les différents scénarios de coalition
Si la reconduction de l’ancienne alliance majoritaire (PAM-RNI-Istiqlal) reste mathématiquement viable avec 228 sièges, les affrontements verbaux de la campagne entre le PAM et le RNI rendent cette option politiquement complexe. D’autres configurations émergent, telles qu’une alliance élargie associant le PAM, l’Istiqlal et le PJD (216 sièges), ou le trio PAM-RNI-PJD (217 sièges).
L’Istiqlal se positionne ainsi comme un pivot incontournable des négociations. Conformément à l’article 47 de la Constitution, le Roi nommera le chef du gouvernement au sein du PAM, parti arrivé en tête, plaçant les dirigeants du « Tracteur » au cœur de consultations qui devront arbitrer entre affinités programmatiques et rancœurs électorales.







